L'atelier des Didgeridoos DIDJAMAN

 

L’atelier est un lieu privilégié, un havre de paix. Celui où la création est reine !

Il est donc important d’y avoir de belles et douces ambiances qui dégagent une certaine sérénité pour que le talent du luthier prenne tout son essort... ce qui fait que rarement les luthiers vous ouvriront les portes de leurs ateliers afin de préserver cette atmosphère très spéciale... ainsi que leurs petits secrets !

 

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Raphaël ouvre rarement les portes de son atelier. Il se confie ici afin de faire découvrir son univers... 

« Personnellement, ce qui me saisit le plus et que j’aime, c’est l’odeur de mon atelier de Didgeridoo quand j’y entre pour la première fois de la journée… avec l’odeur du bois d’Eucalyptus qui me saute aux narines avant même que j’allume la lumière. Ce bois même que j’ai coupé, avec mon ami Aborigène PHIL, là-bas sur ce continent Ô combien magique et envoûtant… c’est donc mon Australie à moi mais ici en France !

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La musique est également présente H24, en non-stop car je suis mélomane et musicien avant tout... bien avant de devenir luthier d’ailleurs. Des fois je l’écoute doucement et des fois très forte… lorsque j’utilise les machines-outils. Et il m’arrive même de tout arrêter lorsqu’une musique est mortelle et de danser… ben oui… c’est aussi ça être indépendant !

Je me suis aperçu qu’un certain rituel m’accompagne également quand je décide d’y passer la journée. Ainsi je prévois et je fonctionne « à la tâche ». C’est-à-dire que je me fixe un certain nombre de choses à faire au minimum, autant du côté des commandes de didgeridoos que j’ai à faire que du côté de la création que je veux explorer. Bien-sûr, il y a des choses que j’aime plus faire que les autres, comme le plus commun des mortels je pense.

 

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La coupe en Australie est la partie la plus stressante mais la plus enthousiasmante par exemple… mais ça peut se comprendre facilement car se retrouver en pleine nature est toujours plus agréable que d’être en huit clos. Alors que le ponçage est la partie la plus barbante à mes yeux, avec la poussière etc. Mais en même temps, c’est lors de cette étape que le didgeridoo que je suis en train de travailler se révèle lentement et plus précisément avec ses nuances de couleurs… ce qui fait vite oublier les efforts fournis avec la fatigue des bras !

 

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La phase la plus intéressante pour moi est le vernissage du didgeridoo. Celle où tout devient beau ! Cette étape est absolument fabuleuse aux niveaux des yeux et de l’odorat, car il est évident que lorsqu’un objet, quel qu’y soit, passe par la phase vernissage se révèle enfin comme on l’avait imaginé… du moins on l’espère ! Car il peut être encore plus beau ou plus moche… et oui, ça peut arriver, mais rarement quand même. L’odeur du vernis est également un signe agréable pour moi, car il définit presque la fin d’une histoire… qui a débuté en 1995 pour moi… année où je suis parti pour la 1ère fois en Australie.

 

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En fait, chaque instrument que je réalise me transporte mentalement vers les contrées spacieusement infinies des Aborigènes, kangourous, koalas, crocodiles et serpents. A chaque fois que j’en ai fini un et que je fais la séance photo de celui-ci, j’ai toujours une pensée pour mes amis Aborigènes Phil et Peter en me demandant s’ils apprécieraient ce genre d’instrument. Je sais que cela peut faire un peu cliché, mais à chaque fois que quelqu’un fait l'achat et acquière un des didgeridoos de ma fabrication, j’ai l’impression et j’espère lui transmettre un bout de rêve musical faisant partie de l’Océan Indien, et qu’il emportera avec lui une pièce de l’histoire de notre planète et qu’il voyagera avec lui à chaque fois qu’il soufflera dedans… »

Raphaël Didjaman.

 

Photos : Arié Elmaleh

 

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